Congrès annuel

SOCIÉTÉ CANADIENNE DESTHÉTIQUE [231]

    CANADIAN SOCIETY FOR AESTHETICS [231]

Coordonateur, section anglophone : Ira Newman (Mansfield University) ; coordonateur, section francophone : François Chalifour (Cégep de l’Outaouais) ; répondant : David Collins (Ryerson

University)

 

RENCONTRE ANNUELLE DE LA SECTION FRANCOPHONE

 

BROCK UNIVERSITY ST. CATHERINES, ONTARIO

 

PAVILLON VALLEE RESIDENCE, SALLE 399

HORAIRE DES SESSIONS

 

LE DIMANCHE 25 MAI 2014

10h00 à 11h30

 

Première session, Corps et matière

 

Présidente : Catherine Nadon, (Cégep de l’Outaouais)

 

10h00

Aseman Sabet Université de Montréal

Titre de la presentation

Du corps sensoriel au corps imaginé : la fonction du toucher dans le discours esthétique de 1749-1778

 

Résumé Les différentes figures argumentatives qui mettent de l'avant le dialogue des sens dans les discours de l'esthétique philosophique de la seconde moitié du 18e siècle rendent compte d'un recentrement sur l’expérience synesthésique. À travers ces occurrences discursives, notre argumentaire vise à resituer les fonctions cognitive et affective de la notion du toucher. Partant de la Lettre sur les aveugles (1749) de Denis Diderot, qui cerne l'interrelation entre la vue et le toucher, nous suivrons un parcours chronologique à travers lequel la Recherche philosophique sur l’origine de nos idées du beau et du sublime (1757) d'Edmund Burke et La Plastique (1778) de Johann Gottfried Herder permettent de penser un passage du corps physiologique au corps affectif. Au coeur de ce déplacement conceptuel, la notion du toucher, dont les usages théoriques engagent tant la dimension sensorielle/haptique que le cadre émotif, a une fonction centrale reflétant le caractère holistique de l'expérience esthétique. Alors que les spécifications de Burke préconisent la variable tactile comme critère de l'expérience du sublime, les réflexions de Herder, plus tranchées, posent le toucher au sommet de la hiérarchie des sens en lui conférant une fonction critique du primat de la vision, et par extension de la rationalité des Lumières. La relation coextensive entre l'oeil et la main, celle-là même qui permet à Herder de penser une projection dans la sphère émotive, rejoint un mouvement allant du saisissement tactile vers la saisie conceptuelle. La charge réflexive du passage de l'expérience haptique/synesthésique à une expérience d'ordre sensible, puis cognitive, engage également l'imagination dans ce que l'on pourrait formuler comme une théorie de la connaissance tactile. Dans sa détermination purement conceptuelle, la perception holistique à laquelle renvoie le sens du toucher devient l'objet d'une représentation mentale. En somme, le déplacement allant du corps physiologique au corps affectif au corps imaginaire trace les contours déterminants d'une histoire de la tactilité à une période charnière dans le développement de l’esthétique comme discipline. Cette approche généalogique vise également une compréhension de la valeur émotive du spectre tactile à l'extérieur du cadre phénoménologique.

 

10h30

Zoran Jankovic

Collège de St-Laurent

 

Titre de la presentation

Le corps propre appartient-il à la logique de la narration ?

 

Résumé L’unité du soi, affirme Ricœur, doit être structurée comme récit. La logique de la narration devient ainsi la logique du soi. À la question « qui ? », la réponse n’est donnée que par une fiction, c’est-à-dire par un récit où l’on raconte l’histoire d’une vie. Or, cette identité narrative est, comme l’avoue Ricœur, une identité fragile. Elle est marquée par une instabilité structurale et toujours sur le point de se défaire. C’est la raison pour laquelle le danger principal pour la théorie de Ricœur représente la possibilité de la perte de toute identité. C’est Derek Parfit, ce redoutable adversaire de la théorie de Ricœur, qui a le plus dramatiquement mis en évidence cette possibilité. En effet, dans une série de fictions, il analyse plusieurs cas aporétiques, (puzzlig cases), pour démontrer qu’il est, en dernière analyse, impossible de décider si l’identité d’une personne est maintenue. Et, ce qui plus est, l’identité personnelle n’a aucune importance, soutient-il : identity is not what matters.

Dans son débat avec Parfit, pour sauver l’idée de l’identité du soi, Ricœur introduit le concept du « corps propre » comme un élément indispensable à l’identité narrative. Dans cette communication, nous aimerions souligner quelques difficultés de cette position ricoeurienne.

 

11h00

Dominique Sirois-Rouleau

Université du Québec à Montréal

 

Titre de la présention L’œuvre hors de l’œuvre

Résumé Depuis la rupture duchampienne, les pratiques artistiques n’ont cessé de jouer sur la disparité des valeurs entre l’idée de l’œuvre et sa réalisation matérielle. Cette crise de l’œuvre héritée de la dualité des mondes platonicienne se radicalise aujourd’hui. Alors que les œuvres éphémères bénéficient de supports médiatiques de plus en plus précis et fidèles permettant leur réitération, cette tension entre l’œuvre et son objet se complique d’un nouvel intervenant : le document. En effet, la dualité idée / forme explore avec l’intervention accrue de dispositifs des modes d’existence jusqu’ici inédits aux arts visuels. Le document performe l’œuvre hors de son existence singulière, la désincarne de son histoire de production et en multiplie les modes de manifestation. Afin de cerner les enjeux du déploiement formel et documentaire de l’œuvre, nous étudierons le cas de Nature’s Path de Nadège Grebmeier Forget. Dans le cadre d’une résidence de recherche et création à Est-Nord-Est à l’automne 2013, Grebmeier Forget fit en fin de parcours une performance privée à la commissaire en résidence, Ève De Garie-Lamanque. Cette dernière fut ensuite invitée à raconter cette performance à l’artiste. L’enregistrement de ce récit, seule trace accessible de l’œuvre avec quelques photographies sur le site internet de Grebmeier Forget, a ensuite été archivée sous le titre Nature’s Path au Musée de mémoire vivante de St- Jean-Port- Joli. Suite à un bref exposé de l’histoire de production de Nature’s Path, nous examinerons les fonctions narratives et documentaires de la performance résiduelle de la commissaire. En fait, l’existence autonome du récit de Garie-Lamanque double sa finalité testimoniale d’une dimension performative, si bien que l’enregistrement semble s’émanciper de l’œuvre qu’il documente. Entre les manifestations directes et indirectes de l’œuvre de Grebmeier Forget nous constatons une variation des conditions d’immanence qui ne va pas sans rappeler les effets d’opposition classiques entre l’idée et la forme. Ainsi, à partir des outils de l’esthétique analytique, nous proposons non seulement d’explorer la nature de la relation de l’œuvre au dispositif documentaire, mais aussi de mettre à jour les rapports symboliques de l’œuvre à ses objets.

 

11h30 à 14h00

Pause déjeuner

 

14h00 à 15h00

 

Deuxième session, Ruines et reliques

Présidente :

Aseman Sabet, Université de Montréal

 

14h00

Catherine Nadon

Cégep de l’Outaouais

 

Titre de la présentation L’expérience esthétique de l’art contemporain confrontée à la dynamique de la relique

 

Résumé Depuis plus d’une trentaine d’années, les publications spécialisées, mais aussi les médias à grand tirage, ont mis en évidence l’épineuse question de la réception des œuvres de l’art contemporain. Souvent analysée sous l’angle social ou économique, cette problématique se déplace maintenant vers des considérations de natures esthétiques et philosophiques. Jimenez souligne à cet effet que la perte de critères esthétiques est précisément à l’origine du présent malaise en ce qui a trait à la réception des créations contemporaines.

Prenant part au débat, Jean Clair dénonce que l’art contemporain se dresse comme un art du bouleversement où l’on a délaissé la représentation au profit de l’étalement, du fragment, du reste, en somme, de la relique. Nous reconnaissons que l’identification de l’œuvre d’art actuel en tant que relique est une observation judicieuse. Prenant le contre-pied de la position de Clair, il sera question d’établir comment le concept de relique vient enrichir l’expérience esthétique de l’art actuel, notamment par sa façon de proposer une concordance du sensible et de l’intelligible. En guise d’exemple sera présenté le travail d’Aude Moreau et de Gabriel Baggio.

 

14h30

François Chalifour

Cégep de l’Outaouais, Université du Québec en Outaouais

 

Titre de la présentation Où il sera sans doute question de ruines et de nostalgie

 

Résumé L'intérêt de la ruine ne se trouve pas dans ses marges mais bien et absolument dans sa médiane propre. Le pur potentiel de la ruine se trouve précisément dans son état d'équilibre entre le temple et la sédimentation. Son gonflement prégnant, sa patuité dirait Étienne Souriau, se manifeste quand l'instabilité de son oscillation se fait oublier, s'efface, devient parfait silence. La ruine est ruine quand de deux observateurs côte-à-côte l'un peut dire – Ah ! Le temple d'Apollon ! et l'autre, en même temps — Hum ! Un tas de cailloux ! Or, ce point déterminé, exact médian, n'a pas de dimension. Un point, en mathématique, n'a pas de dimension que l'épaisseur momentanée de l'événement, dans la perte de la conscience du temps, perte qui s'affirme justement quand on s'exclame «Il y a si longtemps !»

 

15h00 à 15h15

Pause café

 

15h15 à 16h00

 

Troisième session, Avenir de la SCE

Présentateur-modérateur :

François Chalifour, Cégep de l’Outaouais, Université du Québec en Outaouais

 

Mise en contexte

Depuis plusieurs années, la section francophone de la Socièté canadienne d’esthétique bat de l’aile. Le coeur « tri-fluvien » de la Société s’étant progressivement dissipé, il ne semble pas s’organiser un nouveau « noyaux dur » de l’organisme.

Le co-président de la Société pose la question, y a t-il une relève prête à saisir le relais ou faut-il plutôt songer à en laisser s’éteindre la section francophone.

 

19h00

 

Souper annuel de la CSA / SCE

Touch of India Restaurant

126 St. Paul Street, St. Catharines.

téléphone:  (905) 988 - 1155

http://www.touchofindia.ca/

 

Feuille d’inscription à remplir et directions disponibles aux rencontres

 

LE DIMANCHE 25

PAVILLON EARP RESIDENCE, SALLE 400, STUDENT LOUNGE

 

14h00 à 15h00

 

Assemblée générale des membres de la CSA / SCE

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